Bruno Retailleau accuse le RN de dire «n’importe quoi» sur la question des imams algériens accueillis en France
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Le RN accuse le ministère de l’Intérieur d’accueillir des religieux algériens en période de Ramadan, alors que les tensions entre Paris et Alger sur la question migratoire sont vives. Beauvau assume cette pratique.
La France ne disposant pas assez d’imams pour la période du Ramadan qui démarre ce 28 février, des visas sont accordés chaque année à des religieux étrangers. Cela vaudra également pour les imams algériens, a révélé hier l’hebdomadaire Marianne , alors que les relations entre la France et l’Algérie ont atteint un très haut point de crispation sur la question migratoire. Le député picard du Rassemblement national, Jean-Philippe Tanguy n’a pas tardé à se saisir de cette information pour dénoncer ce qu’il estime être un double jeu du gouvernement. «Bruno Retailleau autorise encore les imams algériens à venir faire leur ingérence, au mépris des promesses mille fois faites aux Français de les refuser !», a-t-il écrit sur X, lundi soir.
Une attaque à laquelle a répliqué le ministre de l’Intérieur sur le même réseau social. «La fermeté migratoire, ce n’est pas dire et faire n’importe quoi», affirme-t-il, avant d’expliquer que «la venue de ces Imams est strictement encadrée depuis des décennies, ils viennent en France le temps du Ramadan et repartent ensuite». Il poursuit : «Ma politique, c’est d’une part de faire la chasse aux islamistes, et d’autre part de renforcer le sentiment d’appartenance à notre communauté nationale chez nos compatriotes musulmans.» Retailleau défend la liberté de culte, assurant que ne pas le faire reviendrait «à donner raison aux extrémistes», au détriment «des patriotes musulmans sincères». Enfin, il dit refuser de croire que dans la République «il faudrait être un mauvais croyant pour être un bon français».
Cette justification, loin de calmer les ardeurs du Rassemblement national, a presque contribué à les renforcer. Le vice-président du groupe à l’Assemblée, Laurent Jacobelli, est reparti à l’assaut : «Incapable d’expulser les influenceurs algériens, Bruno Retailleau préfère importer leurs imams. Il parlait comme nous mais agissait en macroniste. Maintenant, il parle en macroniste et agit en macroniste. Enfin de la cohérence !» Le député RN du Nord Sébastien Chenu affirme «qu’il n’a pas fallu six mois à Bruno Retailleau pour se coucher devant les exigences de l’Algérie». Interviewé sur Cnews ce mercredi matin, le président de l’UDR, Éric Ciotti a également tancé son ancien allié : «Le ministre de l’Intérieur a des paroles fortes, mais des actes faibles. Pourquoi ce cadeau à l’Algérie ?»
Si les «imams détachés», fonctionnaires d’États étrangers financés par un autre pays, ne sont plus tolérés en France depuis le 1er janvier 2024, Beauvau assume sa politique d’accueil de quelques dizaines d’imams algériens en période de Ramadan. Cette pratique discrète, mise au jour alors qu’Alger et Paris sont en pleine querelle diplomatique, n’a certainement pas fini d’alimenter les débats...
lefigaro